Communiqués

 

« La dernière puissance mondiale »

8 mars 2014

Vladimir Poutine vient de renverser le cours de l’Histoire, en plein milieu de la plus basse des Très Basses Époques.

IL A BRAQUÉ LA BANQUE ONU 2.0.

Il a mis EN JOUE le monde Transhumaniste/Écolo/Socialo/NéoNazi tel qu’il se révèle en CRIMÉE, c’est-à-dire
EN RUSSIE.
L’abruti aux chemises blanches y côtoie des chemises brunes avec l’Adolfette en sautoir. TOUT EST DANS TOUT, et en l’occurrence, dans le NIHIL (isme) le plus « accompli ».

Les Russes n’ont que faire, par ailleurs, des autres crétins made-in-Frankreich venus paraît-il les « soutenir ». Un seul soldat russe d’aujourd’hui (l’antithèse du pauvre bidasse envoyé par les communistes se faire trouer en Afghanistan dans les années 80) va rappeler à TOUT-LE-MONDE que l’Esprit de Stalingrad est une manifestation DIRECTE de la plus Haute des Protections.

Aussi, comme durant l’hiver 42-43, c’est bien la Très Sainte Russie qui aujourd’hui se dresse, SEULE CONTRE TOUS, mais  en fait contre RIEN.
Les Russes n’ont que faire de nos micro États-Nations RIDICULES, gouvernés par l’Agence locale du Grand Immeuble de Niou-Yaurque, et sise dans cette sinistre ville de Bruxelles.

Les Russes sont la toute DERNIÈRE Puissance mondiale. La toute DERNIÈRE Puissance à pouvoir, vouloir et décider de faire dévier l’Axis Mundi planifié par les bureaucrates onuzis et leurs myriades de complices.

Les Russes n’ont pas oublié ce que les Ukrainiens et leurs acolytes Musulmans ont accompli dans les Waffen SS, sur l’ensemble du « front », durant des années, sans parler des formations françaises.
Jusqu’à ce que la DERNIÈRE Puissance mondiale ne renverse déjà le cours de l’Histoire et sauve les collabos zéropéens de l’époque en y laissant 26 millions d’hommes et de femmes sur le carreau, civils et militaires, une personne sur deux, donc, sur les 60 millions que la IIe Guerre Mondiale aura laissé comme charnier historique.

ILS N’ONT DONC DE LEÇONS À RECEVOIR DE PERSONNE.

Et mieux encore, sont en train de donner la seule qui vaille au « reste » du « monde » :

AUCUN DE VOUS N’OSERA BOUGER.

Vous n’avez ni les burnes ni les neurones.

Rebranchez-vous sur vos StarAc, ou vos Femen.

NOUS SOMMES L’HISTOIRE.

Nous sommes la revanche de 1914-1917-18.

NOUS SOMMES LE GRAND RETOURNEMENT.

Attendez-vous à des vibrations.

Maurice G. Dantec –

Montréal, Canada

le 7 mars de l'an de Grâce deux mil quatorze

 

« Sparte soutiendra Athènes »

février 2007

Soyons clairs : Nous n'aimons pas Charlie-Hebdo, ni la plupart des plumitifs qui y officient. Ils nous paraissent responsables de la déculturation gauchiste à l'oeuvre depuis plus de 30 ans. Il nous semble clair que cet organe de presse a, par ses multiples prises de positions, tant sociales, géopolitiques, philosophiques, que strictement "culturelles", participé à la création de la situation dont il est aujourd'hui la victime. Les gauchistes ont cette vocation, ontologique, d'être toujours les "idiots utiles" d'un totalitarisme mieux charpenté que le leur, avant de rester aussi idiots, mais bien moins utiles, donc encombrants, qu'on se souvienne de ce qui est arrivé aux marxistes-léninistes iraniens dès 1980.

Cette fois, on peut espérer que cela leur servira de leçon.

L'islamisation du pays est la conséquence de la politique migratoire post-coloniale, bardée d'anti-racisme onuzi et de "tolérance" systématique envers l'intolérable, que les gouvernements de la République ont instauré depuis le tournant des années 60/70.

Maintenant que l'extrême-gauche est dans le collimateur de ceux qu'elle a toujours défendu (les pauvres-arabes-victimes-de-l'impérialisme, etc, etc), la tentation est grande, pour tous ceux qui savaient vers quoi la France se précipitait comme un seul homme, armé d'une rose au poing, de la laisser à son triste sort, aux prises avec les "victimes" de l'horrible colonialisme euro-américano-sioniste.

Il doit subsister une once de compassion dans nos coeurs, visiblement : comme à l'époque des Thermopyles, Sparte saura se montrer indulgente et aidera Athènes à se débarasser de l'invasion totalitaire qui désormais la menace, après qu'elle l'ait aidée à prospérer.

C'est la raison pour laquelle, d'une façon très nette, nous affirmons notre soutien à Charlie-Hebdo dans l'affaire judiciaire qui l'oppose aux tenants de la Charia.

C'est la raison pour laquelle nous n'entendons pas, sans exprimer notre dégoût, laisser condamner qui que ce soit, sur notre sol, par les tenants d'une loi venue du désert, celui qui comme Nietzsche le disait, croit sans cesse, celui du nihilisme ultime, celui de la Simulation de la Transcendance.

Maurice G. Dantec

« Meuh 68 »

Montréal, le 25 mars 2006
 

Les dernières images en provenance des manifestations anti-CPE semblent arriver à point nommé, alors que le philosophe Philippe Muray vient de nous quitter.

Les "Mutins de Panurge" confrontés, une fois n'est pas coutume, à l'insupportable irruption du RÉEL. Des services d'ordre gauchistes demandant l'aide de la Police. La "solidarité" des générations Mitterrand enfin photographiée sous tous les angles, et ne donnant à voir qu'une seule image : Le crétinisme avancé (comme on dit de la viande avariée) de la racaille contre la stupidité instruite des syndicalistes professionnels. L'absence de toute réaction organisée contre les "potes" pour lesquels une femme ne vaut pas le prix d'un portable. La HAINE enfin filmée, mais en "live", sans la mélasse protectrice des discours bien pensants.

Je me souviens d'une époque où trois gaillards du S.O du PCF ou de la Ligue Communiste auraient suffi à NETTOYER la place, et je ne parle pas des méchants fascistes !


Je n'entend guère Arnaud Viviant, Aude Lancelin, Pierre Marcelle ou le professeur Lindenberg depuis presque une semaine. Un problème de pharyngite ?

Ce qui est clair, dans tous les cas, c'est qu'entre 1968 et 2006, le gauchisme a perdu tout ce qui, à la limite, pouvait représenter une alternative crédible à la bourgeoisie. Devenu simple pose "culturelle", sorte de sous-esthétique pour légume post-mitterrandien, il ne peut même plus être considéré comme une idéologie, un "dogme". Il n'est rien d'autre que l'avant-garde de la décomposition française, et il nous le démontre désormais à chaque "manifestation". Incapables d'assurer leur propre autodéfense, ces tristes zombies de l'anarcho-trotskisme doivent faire se retourner dans leurs tombes leurs vaillants ancêtres de la Guerre d'Espagne qui, eux, quelque furent leurs crimes et leurs funestes erreurs, eurent en tout cas le cran d'affronter l'ennemi.


Mais une créature mononeuronale, pour laquelle Noam Chomsky est un "penseur" et Michaël Moore un "cinéaste", ne mérite probablement pas autre chose que ce retour de flammes, encore bien timide, tout compte fait.

Bovidés de l'écologisme, troupeaux de l'avant-gardisme subventionné, membres agréés des sectes anti-racistes, prosélytes de la "tolérance", surtout vis-à-vis de l'intolérable, propagandistes des nihilismes socialistes, défenseurs des poseurs de bombe, nos pro-islamistes de service sont désormais confrontés à leurs "alliés de classe".

Très honnêtement, il serait temps de proposer un mot d'ordre de grève générale à la Police Nationale qui ne fait qu'entraver la liberté d'expression et de réunion de toute cette belle jeunesse, que le monde entier nous envie.


Avec toutes mes condoléances -

Maurice G. Dantec

« Maurice G. Dantec nous écrit »

Le Figaro littéraire, 23 mars 2006, p. 2.

Suite à la publication d'un article consacré à l'anthropologue David Le Breton dans notre édition du 9 mars, Maurice G. Dantec, classé avec Michel Houellebecq parmi les « prophètes de la post-humanité », a tenu à faire cette mise au point : « Je suis en effet littéralement OPPOSÉ à la vision « gnostique » de Houellebecq concernant le « post-humain », je crois avoir été assez clair à ce sujet dans le volume 2 du Théâtre des Opérations et quelques autres textes, ou entrevues. Le volume 3 que sortira prochainement Albin-Michel sera encore plus clair à ce sujet. (...) Je suis Catholique, pour moi la « post-humanité » est soit l'Antéchrist massifié/ré-ingeniéré, soit le Christ lui-même, ou disons son annonciation, c'est-à-dire l'homme réunifié, corps-esprit, au contraire des fantasmes « décorporels » de la société post-moderne. Mon dernier roman, Cosmos Inc, clouait, à mon sens, le cercueil de ce nihilisme new-age et tentait au contraire de démontrer le caractère essentiel du CORPS – corps de l'homme image de Dieu, Corps Divin du Christ, corps lumineux des saints – pour toute véritable transcendance. Avec mes transatlantiques amitiés – et mes respect pour le Pr. Le Breton. »

 
 

« Nous sommes tous des caricaturistes danois »

Le 6 février 2006

Tout en poursuivant leurs appels à la destruction du monde libre, les tueurs islamistes et leurs alliés "européens" se mettent à rire jaune devant la moindre caricature de leur "Prophète", dont il est interdit aussi de narrer les diverses frasques, familiales, ou "politiques".


Les petits islamoführers, qui ensanglantent depuis des décennies leurs propres nations, à défaut de les condamner à la misère, n'éprouvent aucune gêne, dans leur presse de chiottes, à caricaturer la Sainte Vierge ou le Pape, voire le Christ lui-même, sous des formes que ne renieraient pas les étrons la presse gauchiste.

La différence, il est vrai, c'est que M. Pierre Marcelle, par exemple, ne s'offusquerait sans doute pas si on le présentait un jour sous la forme qui lui sied, celle d'un clown. À l'inverse, les tenants de la SOUMISSION (a'slama en Arabe) osent croire, du haut de leurs cortex atteint de nanisme neuronal, que NOUS, Occidentaux, Hommes Libres, Croisés, Inventeurs des mathématiques et de la physique nucléaire (dont ils ne peuvent que copier des morceaux de technologie que leur revendent les Ben Chirak du monde entier) sommes dans l'obligation de nous conformer à leurs édits absurdes, et aux lois iniques prescrites par leur Coran.

Que des ordures eurocrates tels que Chirak et ses sbires, ou certains intellectuels "en vue", fassent tout aujourd'hui pour empêcher la publication par la "presse libre" française des caricatures publiées au Dänemark ne peut encore surprendre qu'un électeur écologiste, ou un lecteur de Libération ou du Nouvel-Observateur.


Mais qu'un individu d'origine Arabe, vivant en France, donc sous la protection de la "justice européenne" – ah ! ah ! ah ! ah ! excusez moi je m'emporte – soit désormais sous le coup d'une fatwa criminogène parce qu'il a osé apostasier cette "religion du Jihâd" et qu'il explique à qui veut bien l'entendre que les Musulmans sont – de fait – les premières victimes de l'Islam, voilà qui brutalement laisse coi tous les  habituels "défenseurs" des Droits de l'Homme.

C'est à croire, sans doute, que pour M. Mouloud Aounit et ses clones, M. Messaoud Bouras, puisque c'est de lui dont il s'agit, n'est pas un homme. En tout cas il n'en a pas le droit.


Nous laisserons donc en retour à cette "République" le droit de choisir le lieu et les modalités de sa propre exécution, entre deux excuses à plat-ventristes devant M. Boubakeur ou les organisations islamoterroristes ayant pignon sur rue, et la démission générale devant le "monde musulman" qui met le feu aux ambassades après avoir essayer de lire une bande-dessinée danoise.

Les manipulateurs professionnels de la Religion du Prophète n'ont jamais été reconnus pour leur sens de l'humour. Afin de les aider à se dérider un peu, d'élever avec eux la hauteur du débat intellectuel et d'encourager la tô-hôlérance et le sacro-saint esprit du Vivransamble raie-publicain, je propose l'ouverture immédiate d'un grand concours multiculturel, qui pourrait être sponsorisé par l'Unesco, Jacques Chirac, ou Tariq Ramadan.


Un grand concours de CARICATURES DU PROPHÈTE lui même, du Malawi à  Monaco, du Yemen à l'Alaska, voilà, je pense, qui confortera tous les partisans humanistes du rapprochement entre les peuples.

À vos crayons !

Maurice G. Dantec

« Moi m'excuser beaucoup »

Montréal, le 5 novembre de l'An de Grâce 2005

– à Arnaud Viviant, l'Eugénie du communisme.

 

Il semblerait que depuis une dizaine de jours une série d'incivilités mineures soit commise dans les « quartiers » de la conurbation parisienne.

Je ne vois franchement là aucune raison de s'inquiéter.

Au contraire, je crois le moment venu de présenter mes excuses, les plus plates, à tous ceux qui ont su me remettre à ma place, lors du premier semestre 2004, après que j'eus d'une manière insupportable communiqué par e-mail avec les gens qu'il ne fallait pas, au moment où il ne fallait pas, avec les mots qu'il ne fallait pas. Oui, moi m'excuser beaucoup, beaucoup vraiment, surtout auprès d'Arnaud Viviant et de Jules Joffrin, pour avoir ainsi osé déformer à ce point la vérité, radieuse et tranquille, de ce pays qui est – authentiquement – la Lumière des Nations.

Apprenant par la presse l'assassinat d'un inspecteur de réverbères devant les yeux de sa femme et de sa fille, parce qu'il venait d'empiéter impunément sur la propriété privée de trois « jeunes des cités » – un bout de trottoir – je me suis dit qu'avant cette cure de rééducation médiatico-idéologique qui me fut donnée à partir de janvier 2004, j'aurais probablement cédé à une absurde colère et lancé un anathème injurieux sévèrement sanctionnable – du type « bêtes sauvages ».

Très franchement, accuser de bestialité et de sauvagerie trois pauvres chômeurs en BMW parce qu'ils s'étaient sentis insultés par l'appareil photographique obscène que dirigeait vers leurs lampadaires cet obscur tâcheron de l'urbanisme, non, ce ne peut être toléré, et surtout pas par moi, en tout cas plus du tout depuis que j'ai lu l'intégrale des oeuvres de Pierre Marcelle et d'Aude Lancelin, entrecoupée de l'écoute répétée des sketches de Dieudonné et des cassettes d'information coranique de Tariq Ramadan.

Ainsi, très humblement, je le dis et le redis : moi m'excuser beaucoup envers tous ces jeunes artistes qui transforment Clichy-sous-Bois et les villes adjacentes en une vaste performance de Land-Art pyrotechnique dont on se demande bien pourquoi elle n'est pas sponsorisée par Jack Lang, ou Delanoë. C'est beau, en effet, une ville qui brille la nuit. Voilà des « nuits blanches » qui se teintent de l'orange éclatant de l'essence enflammée. Il serait absurde d'en nier la portée esthétique.

Je vois et j'entends des voix qui s'élèvent de toutes parts avec anxiété.

L'immigration islamique serait-elle vraiment soluble dans la société occidentale ? La culture du rap, apologie fort ludique du viol des jeunes filles blanches et du meurtre des Français, doublée d'une volonté parfaitement assumée de la destruction de l'horrible civilisation occidentale, s'est parfaitement intégrée à la nouvelle morale « rebelle ». Laisserait-elle la place à une idéologie totalitaire propagée par des imams radicaux venant de tout le Moyen-Orient ?

Allons, allons. Restons calmes, et raisonnables.

Nous voyons ici de nouveau surgir le spectre de l'islamophobie, ce démon qui vient remplacer la célèbre crise de communistophobie de la seconde moitié du XXe siècle, et la non moins violente psychose naziophobe des années 30 et 40.

Des psychanalystes-anthropologues comme Malek Chebel sont des spécialistes patentés de cette psychologie occulte des foules. Il a pu en faire la démonstration lors d'une émission d'Ardisson où ce puits de science réussit le tour de force de se présenter comme modéré tout en entrant dans une colère noire lorsque j'évoquai incidemment la défaite inéluctable du Djihâd.

Ne pouvant, selon ce professeur émérite, – ontologiquement parlant – comprendre le Coran, je me suis mis à la lecture de l'intégrale de Pifou-Poche, histoire de pouvoir à l'occasion discuter avec Laurent Baffie qui, à la simple évocation de Saint Thomas d'Aquin se concentra en silence sur son album de coloriage.

Encore une fois, moi demander des excuses à tous ces gens.

Je me suis laissé emporter, aveuglé par tout un tas de préjugés, comme celui qui faisait selon moi du « viol en tournantes » un crime contre l'Humanité analogue à celui pour lequel on poursuit des soudards serbes. Quelle exagération, tout de même. À la limite du racisme, ne trouvez-vous pas ?

À partir du moment où l'on contredit la pensée humanitaire-majoritaire, cela signifie bien que l'on est un adepte de la théorie de la supériorité intrinsèque d'une race sur les autres, n'est-ce pas ?

Bien sûr là encore, il est nécessaire d'établir des règles claires. Le racisme doit être puni. Et avec toute la sévérité requise. Mais à la condition qu'il s'agisse d'un racisme propagé par des blancs envers d'autres races.

Un raciste noir anti-blanc, ou anti-asiatique, un raciste arabe antisémite, ou anti-indien, ne sont pas des racistes, il m'était arrivé, je ne sais comment, de perdre de vue ce paradigme essentiel. Moi m'excuser beaucoup pour cet oubli gravissime.

Les jeux de psychogéographie néo-situationnistes auxquels se livrent chaque nuit ces groupes de jeunes désoeuvrés doivent être compris comme la réponse spontanée et festive à la grisaille de la vie quotidienne en régime capitaliste. Je songe à écrire un court essai sur le thème, avec l'aide de Michel Onfray.

Des oiseaux de mauvais augure, dont j'aurais pu faire partie, si la lumière démocratique ne m'avait enfin illuminé de l'intérieur, de sinistres Cassandre disais-je, parlent désormais sans la moindre vergogne de « guerre civile ». On me dit que c'est même le terme usité par les médias étrangers pour caractériser la situation.

Je vois très clairement à l'oeuvre derrière tout cela – merci à Thierry Meyssan et à M.E Nabe – un machiavélique complot américano-sioniste et christiano-fasciste qui tendrait à faire croire que ce modèle des nations qu'est notre République serait au bord de l'implosion politico-ethnico-religieuse.

Il ne peut en effet s'agir que d'une odieuse caricature de la réalité : la vision de Villepin et Sarkozy, en charge de ce léger contretemps dans notre marche vers les radieux lendemains que chantent les muezzins, est là pour prouver à tous que les choses sont bien en main, sous contrôle, et que ces quelques échauffourées isolées et sporadiques ne sont en rien représentatives de la situation générale qui prévaut sur l'ensemble du territoire national, où règnent la paix civile et l'ordre républicain.

C'est pourquoi, à nouveau, moi m'excuser beaucoup, moi m'excuser le plus humblement du monde, car j'aurais pu, dans un moment d'égarement, m'étonner que les imams des banlieues en feu demandent des excuses au gouvernement pour une grenade lacrymogène ayant atterri accidentellement sur les marches d'une mosquée. J'aurais pu m'étonner que la mort accidentelle de deux adolescents s'étant enfermés dans un transformateur haute-tension ait été présentée faussement par les médias comme la conséquence d'un contrôle policier ayant mal tourné et que les bandes de jeunes défavorisés-exclus aient non seulement provoqué cette flambée de violence à ce propos, mais que, à la différence de celle du technicien urbaniste lynché parce qu'il prenait des photos de réverbères, les familles des jeunes électrocutés qui avaient refusé d'écouter les injonctions des gardiens de l'EDF se sont vues reçues par les institutions les plus hautes de la République.

Tout de même, s'émouvoir du sort post-mortem de rien d'autre qu'un simple ouvrier français !

Oui, moi m'excuser, moi m'excuser encore. Ce genre de considération aurait démontré une néfaste résilience de xénophobie-racisme-islamophobie-fascisme à tendance pro-sioniste, parfaitement condamnable.

Ce n'est pas parce que quelques jeunes gens, sensibilisés par l'insurportâââble situation du peuple palestinien, et revenus tout juste d'un voyage touristique en Iraq ou en Tchétchénie, tirent à balles réelles sur des pompiers et des policiers français qu'il faut en tirer des conclusions hâtives ; le fait que le cri de guerre de ces jeunes désoeuvrés soient le fameux « Allah O Akbar » du Djihâd ne peut qu'impressionner des cerveaux déjà influencés insidieusement par le fascisme pro-juif et pro-américain. Oser parler de guerre civile !

Là encore, quelle perversion délibérée, quelle déformation mal intentionnée des faits !

C'est pourquoi moi m'excuser beaucoup auprès de la jeunesse en rebellitude de la Région Parisienne, mais aussi maintenant de Toulouse, Rouen, Lille, Strasbourg, Nancy et très bientôt de la France entière.

Moi m'excuser platement auprès des défenseurs de la bonne pensée, la pensée vraie, la juste pensée, celle qui maintient intact le tissu social et favorise les progrès incessants de l'intégration, celle qui marche pacifiquement dans les rues pour faire face à la violence urbaine.

Moi m'excuser beaucoup auprès des médias au service de l'État Républicain, moi m'excuser beaucoup-beaucoup auprès de leurs zélés serviteurs.

Moi m'excuser à l'avance si jamais, un jour, j'en venais à émettre un commentaire litigieux sur la fin de la France.

Maurice G. Dantec

 

« Niet ! »

Montréal, le 1er mai 2005

Aussi, dans la mesure où elle est, comme Nietzsche, restée agnostique, la société européenne ne peut-elle plus se relever des coups portés par Nietzsche que pour célébrer la solennité de son anéantissement et se griser du drame de sa mort.

(Raymond Abellio, Assomption de l'Europe)

 

1.) NEIN OR NIET

Dans quelques jours, le peuple français, ou ce qu'il en reste, va être appelé aux urnes afin – comme on le dit dans les journaux – de « choisir son destin ». Nous allons rapidement constater de quel type de joyeuse arnaque ce « choix » et ce « destin » participent mais, comme en préambule, il va falloir vous préparer à cette idée toute simple : les petits papiers qui vous présentent « l'alternative » contiennent une erreur fondamentale sur laquelle il nous faut nous pencher sans plus tarder : on vous y invite en effet à opter pour un « OUI » ou pour un « NON » à une « constitution européenne » sur laquelle nous reviendrons plus tard en détail.

 

Mais vous n'allez pas choisir entre « OUI » et « NON ».

Et non !

 

Car – et oui ! – cette « alternative » n'en est pas une, elle masque une terrible univocité, réplique invertie et démoniaque de cette Univocité de l'Être dont parlait le théologien Duns Scot, il y a des siècles. Cette univocité est bien celle du Diable car elle est à la fois invisible et hypermédiatisée, innommable et contaminant tous les noms : elle vous dit « OUI-OU-NON » mais en fait elle indique :

NON OU NON.

 

En d'autres termes, que je vais essayer d'expliciter, le diable, quoique sans vraiment deviner la portée de son geste (en cela il est définitivement trop humain), vous engage à choisir entre DEUX NONS, et il est vrai que ces deux « négations » délimitent paradoxalement une frontière identitaire intra-continentale, un abîme entre DEUX NOMS, entre DEUX EUROPES, qui ne fera que s'approfondir, car ce « Mur » a déjà existé, durant près d'un demi-siècle, et ce que nous n'avons pas voulu voir, lorsqu'il s'est « effondré », c'est qu'il ne faisait que s'inverser, ou plutôt inverser ses polarités, c'est-à-dire substituer l'Est à l'Ouest et vice-versa, le passé et le futur, la tyrannie et la liberté, nous n'avons pas voulu voir que tandis que les peuples de l'orient européen sortaient du totalitarisme, nous, à l'occident, nous inventions le nôtre.

 

Et c'est pour cela que si sous le fallacieux « OUI-OU-NON » que les technocrates bruxellois vous présentent se cache en fait le rire du diable et son « NON-OU-NON », le diable, à son tour, se trouve face à sa limite lorsque la vérité s'extrait, au grand étonnement du Conseiller Fatal, sous la forme d'une osmose sémiotique étrange mais qui DIT ce qui doit être dit, soit, très simplement :

NEIN OR NIET !

 

Les barons de Bruxelles et leurs bourgeoisies compradores ont depuis longtemps fait leur le rire du diable. Chaque jour, ils en laissent des millions de traces comptables.

 

Il fallait très vite, dès les années 80, placer les peuples devant cette fausse alternative : il fallait leur laisser le choix entre LE NÉANT ET LE NÉANT. Comprenez bien l'ignoble stratégie qui a guidé les pensées de ceux qui proposèrent Maastricht, Amsterdam, Nice, et jusqu'à cette constitution turcopéenne, qu'on pourrait sans doute aller ratifier à Ankara :

 

Il fallait laisser le choix entre l'Europe des Commissaires et l'Europe des « Populistes » ; si l'on me permet une simplification que j'espère parlante : Il fallait que l'option s'établisse entre la NON-Europe de Chirac (ou de Hollande), et la NON-Europe de Le Pen (ou de Besancenot).

 

Il fallait ainsi laisser aux Européens le choix de la corde qui servirait à les pendre, on leur devait bien ça, à ces braves peuples occidentaux ! On irait même jusqu'à inventer une monnaie unique qui permettrait à toutes ces nations autrefois séparées par l'Histoire de s'acheter, d'un bel ensemble démocratique, et sans taux de change rédhibitoires, ladite longueur de corde nécessaire à leur éviction de ce monde qui se fera désormais sans elles, plus encore que contre elles.

 

Voici donc le « choix » qu'on vous a laissé, vous qui furent contés par Homère il y a près de trente siècles, voici le « destin » qui à vous se manifeste : En votant OUI à la « constitution européenne » vous voterez précisément NON à toute « constitution de l'Europe », en votant OUI au projet infâme des eurojacobins, vous direz NON à toute « destinée manifeste » de la civilisation que vous êtes – peut-être – encore en mesure d'inventer, et c'est donc bien en opposant un NON catégorique à cet hideux piège (méta)politique qu'il vous reste – peut-être – une chance de l'éviter, juste à temps.

 

Car il faut bien comprendre cette double inversion : le OUI chirako-giscardien, ce OUI-OU-RIEN, répété jusqu'à plus soif, c'est le NEIN haineusement prononcé contre l'héritage du christianisme européen qui n'est même plus, dès lors, ne serait-ce qu'évoqué dans l'immonde papelard que ces barbons osent parer du nom de « Constitution ». Quant au fameux NON des « Populistes », suprême ruse de « l'Histoire », il n'est rien d'autre qu'un JA au status-quo, et masque donc une sorte de message occulte disant en fait OUI-AU-RIEN.

 

Par conséquent VOTRE NON, lorsque vous oserez le dire, lorsque vous oserez le faire, par delà les figures imposées de la double inversion NON/JA, OUI/NEIN, ce vrai NON sera le même que celui que jetaient à la face de leurs bourreaux tous ceux qui ont osé, au cours du fameux « Siècle des Camps », résister à l'oppression communiste, votre NON sera le NIET que les Russes, les Ukrainiens, les Géorgiens, les Serbes, les Kirghizes et, très bientôt, les Azéris et d'autres peuples du Caucase, ont envoyé (ou vont bientôt le faire) aux tenanciers des ruines post-soviétiques qui avaient, on ne sait trop comment, survécu à la désintégration de l'URSS.

 

Votre NIET, du coup, sera aussi un YES définitif à l'autre Europe, celle qui n'existe pas encore, celle qui semble toujours se refuser à vouloir naître, celle qu'il vous reste à faire.

Celle qu'il vous faut inventer avec ces peuples qui ont connu et vaincu la bêtise totalitaire « démocratique ».

 

2.) JA WOHL ILI NOTHING

 

C'était donc OUI-OU-RIEN ou bien OUI-AU-RIEN, ce qui revient très exactement au même, et ce le fut durant deux bonnes décennies, pendant lesquelles tout le ban et l'arrière ban des potinières de la politique, intellectuels, journalistes, critiques, « artistes », fut mis à contribution afin de bien faire avaler la pilule, enrobée de tous les MOTS MAGIQUES nécessaires pour rassurer les peuples et effrayer, juste ce qu'il fallait, les citoyens qui les composent à l'idée d'un quelconque changement de direction.

 

Personne, c'est étrange, n'osa affirmer l'évidence, à savoir que c'était OUI DONC RIEN car, « en face », dans le camp du Néant « opposé », là où le diable, dans sa malicieuse facétie, a disposé un miroir truqué de prestidigitateur, on prétendait évidemment que son « NON » représentait quelque chose, je veux dire qu'on faisait croire, pour la survie de son fonds de commerce, qu'il y avait bien UN OUI, et donc UN NON, et par conséquent qu'une réelle alternative existait.

 

Mais nous l'avons vu, cette alternative n'existe pas sous cette forme, elle ne peut être perçue que comme un au-delà de la fausse question posée par le diable de l'antipolitique.

 

Car votre NON, ce NIET qui va peut-être marquer l'heure de votre réveil civilisationnel n'indique de fait aucune certitude, au contraire puisqu'il s'agit du VRAI NON/NIET que recouvraient les simulations du FAUX OUI/NEIN, c'est-à-dire cette dualité à la fois factice et réelle, irréelle et factuelle, dans laquelle les Commissaires et les « Populistes » jouaient parfaitement leur comédie, et avaient enfermé les consciences comme à l'intérieur de leur théâtre.

 

Votre NON ce peut être le début du retour de l'Histoire, c'est-à-dire du risque, de la destruction créatrice sans cesse renouvelée, votre NIET peut enfin mettre un terme à la prison sémantique du « Ja Wohl Ili Nothing », du OUI-OU-RIEN dans laquelle on a enfermé le peu de conscience collective qu'il vous reste. Au dehors, juste au-delà des murs, des barbelés, des miradors du Camp s'étendent les espaces infinis des vrais horizons, écartelés entre tous les possibles qu'ils recèlent, au delà de la sinistre enclosure du Ja-Wohl-Ili-Nothing Correction-Center il y a le doute, qui va de pair avec la vraie foi, il y a les authentiques questions et les grands artifices humains pour les résoudre, il y a une absolue affirmation du monde, un OUI-AU-MONDE dont le sous-texte hurle : et donc NON-À-VOTRE-IM-MONDE.

 

3.) ZEROPA AD LIBIDUM

 

La « constitution européenne » qu'on vous demande, de toutes parts, et de façon de plus en plus panique, d'approuver sans réserve contient plus de quatre cent amendements fondamentaux. Un chef d'oeuvre de minutie bureaucratique, fort bien héritée de notre tradition jacobine qui allait jusqu'à émerveiller Edmund Burke lui-même qui disait, à propos du monumental édifice juridique républicain : « on s'étonne qu'une nation aux moeurs si légères ait pu produire une telle somme de labeur ! »

 

400 amendements : Je ne suis pas sûr qu'une micro-fraction des députés de l'assemblée nationale pourrait vous en citer nommément le dixième, mais je sais déjà qu'ils seront, tous en choeur, les premiers à vous en faire la promotion, comme de vulgaires bateleurs ignorant la provenance et la composition de la camelote qu'ils vendent à la sauvette !

 

Il y a quelque chose que, je crois, on a essayé de vous cacher, durant toutes ces années, et si on l'a fait avec une telle ardeur et une telle efficience, je suppose qu'il y avait d'excellentes raisons pour cela.

Ce qu'on a essayé de vous cacher c'est que LES MOTS AVAIENT UN SENS.

 

Et pourquoi donc a t-on fait cela ? Précisément parce que dès que l'on comprend que les mots ont un sens, on saisit qu'ils sont des pensées mises en actes, et qu'ils sont en mesure non seulement de « transformer le monde » (abstraction néo-darwiniste que les sociétés sans avenir emploient communément) mais bien, littéralement, de le faire, ou le défaire.

 

Il fallait donc vous empêcher de comprendre que tous ces mots, qu'on allait laborieusement empiler telle une tour de briques sans la moindre cohérence, sinon celle du vide, recelaient, en dépit de tous les efforts déployés pour l'anéantir, encore un sens. Il fallait vous empêcher de comprendre que tous ces mots, qu'on allait essayer de vous faire acheter, grâce à une bonne campagne de publicité, étaient en mesure de faire ou de défaire un monde.

 

Il fallait vous empêcher de penser à la gravité presque indicible de votre acte.

Il fallait vous empêcher de penser tout court, c'est à dire de mettre en mots vos actions, et vos mots en action. Il fallait, par exemple, vous empêcher tout bonnement de LIRE.

De LIRE LES MOTS.

LES VRAIS MOTS.

CEUX QUI ONT UN SENS.

CEUX QUI CRÉENT ET QUI DÉTRUISENT DES MONDES.

 

Comme je l'ai rappelé plus haut, la « constitution » invertébrée du mollusque que l'on veut fabriquer à Bruxelles est composée d'au moins 400 amendements chargés d'harmoniser ce « machin » qui n'est rien d'autre qu'un comité de syndics de propriété.

 

On pourrait probablement passer en revue chacun de ces articles, de demi-solde, et y trouver de quoi sustenter notre rire pour quelques siècles mais, je pense que personne ne l'a vraiment noté, notre explosive hilarité aurait dû s'initier bien avant.

 

Dès l'apparition du CHIFFRE.

400.

C'est-à-dire plus de 10 fois le volume de la Constitution américaine !

Ce CHIFFRE est un MOT.

Il a un sens.

Un sens ésotérique. Et ce sens est mystérieusement mis en lumière lorsque l'on compare, non pas le volume, ni même le contenu des amendements des deux constitutions, mais tout simplement lorsque l'on s'amuse à LIRE leurs préambules respectifs.

 

Et même, il faut aller jusque là, comme dans une étude sur les fractales, descendre jusqu'à l'atome fondamental, l'élément « constitutif », c'est à dire aux TOUS PREMIERS MOTS qui ouvrent chacune des deux « constitutions ».

Il faut simplement laisser LES MOTS DIRE CE QU'ILS ONT À DIRE.

 

La Constitution des États-Unis d'Amérique, rédigée en 1776, commence très exactement par ces mots : WE, THE PEOPLE...

 

Un peu plus loin, vous notez l'occurrence d'un : UNDER THE LAW OF GOD.

La constitution zéropéenne qu'on a le toupet de vous présenter comme le fondement possible d'une quelconque « union politique » commence, elle, par ces mots ci :

NOUS, SA MAJESTÉ LE ROI DES BELGES, suivis de toute la nomenclature des Chefs d'État, classés par ordre alphabétique (!), c'est-à-dire de tous ceux qui aujourd'hui vous ordonnent presque de voter comme il faut, bien rangés dans leur mausolée verbal qui préfigure assez bien le colossal tombeau de famille que l'on est en train de vous construire.

 

We, the people...

Nous, Sa Majesté le Roi des Belges...

 

Chaque fois qu'un soprano du OUI-OU-RIEN fait désormais élever sa voix de castrat, en dépit des efforts que je prodigue pour échapper aux nouvelles, je ne peux m'empêcher de me répéter ces DEUX PHRASES : We, the people. Nous, Sa Majesté le Roi des Belges.

 

Répétez-les vous aussi, à l'occasion, en cas de doute, si jamais une émission spéciale avec Drucker et Ardisson, improvisée sous la forme d'un Eurothon, finissait par ronger votre instinct, pourtant de plus en plus sûr, au vu des derniers sondages d'opinion.

 

We, the people...

Nous, sa Majesté le Roi des...

 

En deux petites locutions, vous avez effectivement le choix, comme illuminé d'une aveuglante clarté.

Avec ces deux préambules, avec ces deux fractales de MOTS DONT LE SENS FAIT OU DÉFAIT LES MONDES, vous avez face à vous l'alternative entre la mort et la vie, entre le faux oui et le vrai non, vous avez le choix entre NEIN ET NIET.

 

Vous avez le choix de faire comme les peuples de ce qui fut l'Est communiste en prenant, pour de bon, votre destinée manifestement en main, ou de finir, sans doute assez benoîtement, par disparaître de l'Histoire des hommes.

Maurice G. Dantec

 

« À Richard Martineau, rédacteur au journal Voir »

20 septembre 2004?

Monsieur le Blogueur,

En 1941-42, les « indépendantistes tchétchènes » massacrèrent, de concert avec les SS de l’ARMÉE DU TROISIÈME REICH, à peu près tous les russophones du Caucase-Nord. Staline leur en fit payer le prix, à juste titre, en leur faisant connaître les joies de l’arctique sibérien. On pourrait presque, en l’apprenant, rejoindre le Québécois castriste-castré moyen, lecteur de Nelly Arcand et de Noam Chomsky, et regretter le bon vieux temps du communisme pur et dur. En 2004, il se trouve encore des « journalistes », instruits à l’A-ducation post-moderne, et à la lecture des journaux, et dont la connaissance du Moyen-Orient s’arrête à la station Crevier de Shawinigan, qui sont en mesure d’à la fois citer Camus, cela fait toujours bien (comme Guy A. Lepage essayant de se rappeler, en vain, un vers du plus connu des poèmes d’Éluard — vous savez ce poète français bien pratique pour les assassins communistes) et à la ligne suivante de démontrer à quel point ils ne sont que les ruminants de service pour le cynisme gauchiste qui désormais a pignon sur rue, comme une enseigne de bordel, jusqu’à ce que tout le monde en vomisse.

Que l’on ne se raconte pas d’histoire : Camus a peut-être raison, en principe, mais dans ce monde dirigé par les Martineau, les principes n’ont plus vraiment la cote. On peut donc abattre des enfants de l’âge de dix ans, déjà retenus en otages (je précise) en leur tirant courageusement dans le dos, parce qu’ils sont russes, et qu’ils ne croient pas au « dieu » d’amoureuh-et-de-toléranceuh des chameliers terroristes. Voici donc la « philosophie » de caniveau du Québec islamobolchevisé. Monsieur Martineau, vos roucoulades et celles de vos ami(e)s envers les islamonazis d’Al-Jazeera ne nous ont pas échappé. Votre mépris de l’Occident se double de la haine de soi, conclusion logique du nihilisme à la petite semaine dont vous êtes le digne représentant. Il est certain que les enfants ossètes de l’école de Beslan ne vous connaissaient pas, et jusque là, dirons-nous, même après la tragédie subie il y a dix jours, on peut affirmer qu’ils avaient donc échappé au pire. Nous traduisons présentement votre « texte » en russe à leur attention, afin que, désormais, au cas où ils désirent visiter votre « pays », ils sachent dans quelle direction diriger leurs crachats.

 

Avec l’expression de tout mon mépris,

Maurice G. Dantec

Écrivain fascisteuh-sionisteuh-réactionnaireuh 

 

« Lettre à Cesare Battisti  »

Cancer!, 1er mars 2004

Cher Cesare Battisti,

Nous appartenons tous deux à la même espèce : celle des derniers écrivains. La littérature va mourir, la civilisation qui l'a vu naître est déjà morte. Je vous connais depuis mon entrée dans les souterrains de la Série Noire. J'ai connu des criminels. Il ne m'a pas fallu une seconde pour savoir que vous n'en étiez pas un.

Je ne ferai pas semblant de taire tout ce qui nous différencie, voire nous oppose. Nous ne sommes pas entre jésuites sociaux-démocrates, ceux-là même, au demeurant, qui menacent de vous déporter. Il y a deux jours j'entrais par le Baptême, à 44 ans, dans l'Église Romaine, au moment, probablement fatal, de sa prochaine disparition. Je suis sans doute ainsi fait, moi aussi, pour les « causes perdues ».

Je vais vous avouer ne pas connaître très précisément le groupuscule d'extrême-gauche auquel vous apparteniez dans les années 70, mais j'en sais assez sur cette sombre période, celle des fameuses « années de plomb » pour me dire, qu'à tout le moins, une possible « amnistie » politique, même partielle, « négociée », aurait pu se trouver sur l'agenda des nations qui, vous le savez, vont se confédérer à 25 dans quelques mois, sans l'ombre de la moindre soupente civilisationnelle. Cela aurait évité à la triste engeance qui sabote la construction de l'Europe, et collabore depuis 40 ans avec les dictateurs pétrolifères du Moyen-Orient, de se vautrer dans la fange, qui est celle des porcs de leur espèce : la fange du déshonneur.

Que le national-chirakisme, successeur consensuel du Mitterandisme, ait choisi de déporter d'urgence de dangereux écrivains de romans noirs, en laissant s'évaporer dans les terminaux de ses aéroports quelques terroristes internationaux en activité, pourrait faire l'objet entier d'une Philippique lancée à ces traitres socio-pétainistes qui gouvernent le pays, droit dans le mur, est-il utile de le préciser, mais je crois qu'en fait, nous devrions en rire.

Certes, votre situation n'est guère enviable et ne prête pas vraiment à sourire, j'en conviens. Vous êtes face à la TRAHISON. C'est une spécialité nationale depuis 1940, et je reste suave. Mais souvenez-vous du sort des TRAITRES dans l'Histoire. S'il vous reste, j'en suis sûr, vous êtes italien, un reste d'éducation catholique, rappellez vous Judas, son baiser, ses 30 deniers, sa corde, sa silhouette de pendu à jamais incrustée dans les mémoires, pour les siècles des siècles. Raffarin et Chirac s'offrent grâce à vous une virginité à peu de frais dans la lutte au « terrorisme international », mais vous savez comme moi que personne n'est dupe. Absolument personne.

Je suis loin de la France et de l'Europe, de plus en plus chaque jour qui passe, mais votre sort ne peut me laisser indifférent. Je n'ai que ma voix pour – peut-être – faire parvenir un signal d'alarme à ceux qui détruisent patiemment 2000 ans de civilisation européenne : LIBÉREZ CESARE BATTISTI, AVANT QUE VOUS NE FORGIEZ UNE GÉNÉRATION DE TERRORISTES, EX-ÉCRIVAINS.

Bien à vous – avec l'expression de toute ma solidarité –

 

Maurice G. Dantec. écrivain en exil

 

« À propos de ma lettre d'abonnement à la "lettre des identitaires"  »

La Spirale, 2 février 2004?

Cher Laurent,

De quoi s'agit-il ? J'ai autorisé le Bloc Identitaire, un groupuscule d'affreux « nationalistes » qui refusent l'islamisation de l'Europe, à publier sur leur site ma demande d'abonnement à leur NEWSLETTER (gratuite, je le précise, il ne s'agit donc pas d'une ADHÉSION, ni à leur mouvement, ni à leurs idées).
Dans cette lettre je réitère mes prises de position pro-Bush (quelle surprise!), pro-Israëliennes (quel scoop !) et anti-ONU (5 colonnes à la Une) et je préviens donc ce groupe de mon DÉSACCORD PROFOND avec eux en matière de politique internationale, ce qui n'est tout de même pas rien. Je dis ouvertement, et sous une forme peut-être trop concise, que l'islamisation de la France est une catastrophe qui se double du fait – social, et « historique » donc absolument « intolérable » – que ces populations (en grande majorité) ont du mal à s'intégrer, et que la criminalité y est devenue une « CULTURE », ce qui est la fin de tout.

Je rappelle au passage que je suis abonné à une bonne vingtaine de newsletters : en provenance des USA, d'Israël, de France, du Vatican. De gauche, de droite, du centre, des DEUX « extrêmes ».
La seule chose que l'on puisse me « reprocher », ce serait d'avoir accepté, un peu vite, de les autoriser à rendre publique ma lettre d'abonnement. Or, précisément, il me semble qu'une discussion trans-politique, et HONNÊTE, devrait pouvoir avoir lieu, en France, sur ce type de problématiques, j'ai donc en effet accepté de soumettre cette lettre au débat public. On peut être en désaccord avec moi, je suis pour la LIBERTÉ D'OPINION. Mais pourquoi devrais-je, en retour, fermer ma gueule, au moment où – me semble-t-il – la France est à la croisée des chemins ?

Je NE SUIS PAS D'ACCORD avec la PLUPART des théories politiques de ce groupe, mais je me retrouve avec eux, et SANS LE VOULOIR, à défendre la civilisation européenne, chrétienne, francaise, qu’y puis-je ?
Me suicider ? Comme Drieu ?
Où sont les militants de l'UMP, des Verts ou du PS, dans ce combat ?

Je dis publiquement que les positions anti-US et anti-Israël des Identitaires nous OPPOSENT. Je dis publiquement que leurs positions sur l'Europe atlantique nous opposent. Il est probable que je sois en total désaccord avec leur conception ethnique de l'identité nationale – puisque je suis chrétien. Je dis publiquement tout cela.
Mais je suis un complice de Maxime Brunerie, isn't it ?

J'en ai franchement plein le dos de cette république jacobine des flics de la pensée, heureusement que j'en suis parti – définitivement, je le rappelle – est-ce donc autre chose qu'une mini URSS, cher Laurent ? Pourquoi dois-je me sentir coupable ? Vais-je subir le sort de Taguieff qui, puisqu'il osa engager un dialogue critique avec A. de Benoist, se retrouve aujourd'hui en position de pestiféré dans l'édition française ? Vais-je devoir, en effet, « publier mes prochains écrits sous forme de samizdats » ?!
À cette heure douloureuse, ce serait sans doute un honneur.

Alors que les Zéditorialistes aux Zordres de la Voix de la France braillent avec constance que les medias américains sont « contrôlés par Bush » (quelqu'un lit-il le New York Times, exemple, parmi cette foule d'invertébrés instruits ?), on peut constater en effet chaque jour la variété des « opinions » répandues (le mot est juste, comme du fumier) dans le crâne de l'Homo Francensis moyen. De la LCR à LO, ou des Verts à l'UMP, c'est FOU, vraiment, cette diversité des discours, cette pluralité des « sources culturelles » : Pour les plus modérés d'entre eux la France est née en 1789 (pour les radicaux la date de naissance est 1968, certains poussent jusqu'à 1981), le « christianisme » est une inanité complètement « ringarde » (voir l'article inénarrable de je ne sais quel « sociologue » dans Libération, au sujet de la « religion du bonheur », qui nous manque tant, et que l'on devrait pouvoir monter en kit, tout seul, dans sa cuisine).
Alors que précisément les grands réseaux de télévision US ou Canadiens ouvrent largement leurs canaux aux « rebellocrates » de tous acabits, de Michaël Moore à Jaggi Singh, la moindre contre-voix pro-américaine, sioniste, ouvertement chrétienne, et catholique, doit absolument être extirpée des consciences. On doit non seulement essayer de la faire taire, mais mieux encore : la recouvrir du bavardage post-moderniste et humanitaire, lui tailler un costard au plus vite, sur le Oueb, un costard en forme de djellaba antiraciste, ou d'une camisole de force modèle Lubianka, voire, on l'espère en tout cas chez tous les tenanciers du bordel de campagne bobo-lili, sous celle d'un linceul de base pour la fosse commune.

Si demain j'envoie une lettre ouverte à Le Pen, serais-je devenu Frontiste ?
Si je fais la même chose avec Chirac, devrais-je prendre ma carte à l'UMP ?

Je suis certes très pessimiste sur le sort de la France : elle paiera, au centuple, toutes ses trahisons, et en premier lieu, le génocide ANTI-MUSULMAN conduit par les criminels de guerre serbo-communistes en Bosnie-Herzégovine, qu'elle a sciemment laissé se dérouler, sous ses yeux de Mitterandolâtre. Elle le paiera, c'est l'évidence, par l'implantation de populations musulmanes sur son propre sol, alors même que la fracture géopolitique, historique et ESCHATOLOGIQUE avec l'Islam est consommée : autant dire que ce que les Bosniaques n'étaient justement pas dans leur grande majorité (soit des islamistes), les populations du Nouvel Islam « Européen », celui de Tariq Ramadan par exemple, en seront la pointe la plus « avancée ».

Voilà la destinée de la France, qui jette une ombre terrible sur le reste du continent.
Mais qu'importe, en effet ?
Personne ne veut voir se profiler l'atroce TRAGÉDIE qui se prépare : je suis donc un « connard » – ou tout autre nom d'oiseau – que les « communiqués débiles » condamnent à l'obscurité des cachots – réels ou virtuels – de la « République ».

Bien à toi –

Maurice G. Dantec

 

« Les Enfants perdus de Babylone »

[26 janvier 2004]

En cette nuit du lundi 26 janvier, des rumeurs m'apprennent fort gentiment que je devrais « songer au plus vite à changer d'éditeur » — sous entendu : mon vieux, tu va bientôt être obligé de publier à la Pensée Universelle : un terrorisme intellectuel qui ose maintenant dire son nom s'abat sur le moindre écrivain qui ne suit pas le mouvement gentiment invariable de la pensée uniforme.

Je reviendrai un bref instant sur les crimes imprescriptibles que j'ai commis :

J'ai osé engager le dialogue avec un groupe « fascisant », certes il serait idiot de ma part de ne pas le reconnaître, puisque c'est ainsi qu'il est catalogué par les journalistes du Libémonde. Je n'ai pourtant pas caché mes prises de position « américano-sionistes » qui sont précisément la bête noire de cette partie de l'extrême-droite, comme de toute l'extrême gauche au demeurant, et d'une bonne partie de la population française, — sondages à l'appui — s'il faut être respectueux de la vérité.

« Ces gens-là » sont antisionistes, avec des relents d'antisémitisme ? Rappellez-moi donc le pourcentage des Francais qui considèrent Israël comme un plus grand danger que les États non démocratiques en possession de l'arme nucléaire, ou chimio-bactériologique ? Quelqu'un pourrait-il au passage me faire un résumé synthétique des 300 derniers épisodes des Guignols de l'Info ?

« Ces gens-là » seraient des identitaires « archaïques » donc fascisants ? Mais qui dans ce beau pays, des écolos à l'UMP, du PS aux Chasseurs ne nous vend-il pas sa petite salade sur fond de « terroir national » depuis des décennies pour certains, qui ne participe pas de cette pseudo-culture qui vante les mythologies mortes du passé, pour éviter que nous (re)fondions les mythologies vivantes du futur, autant dire de tous les Temps...

« Ces gens-là » sont des nihilistes. Fort bien. Figurez-vous que c'était précisément la raison pour laquelle je voulais leur parler. Quiconque n'est pas allé au bout du nihilisme ne connaît pas l'urgence ressentie parfois d'aller rechercher les enfants perdus de Babylone.

« Ces gens-là » sont parfois néo-paganistes ? La belle affaire ! Voilà deux siècles que la République tue chaque jour toute possibilité de transcendance et l'on s'étonne que des jeunes gens embrassent des sectes, ou des groupes politiques dont la pensée reste collée aux mythes factices du XXe siècle !

« Ces gens-là » défendent une très-réactionnaire paroisse « intégriste » contre une manipulation de la Mairie de Paris qui instrumentalise des « sans-papiers » (vocabulaire hideux de la Novlangue socialiste) pour des raisons éminemment « politiques » (soit extirper de la Néo-Capitale cette horrible bubon du traditionalisme catholique) ?

Oui, précisément, et je voudrais que l'on m'explique en quoi l'Église Romaine est responsable des atrocités commises par les régimes arabo-islamiques à l'encontre de leurs propres populations, les poussant ainsi à des exodes de masse.

Je me suis exprimé violemment vis-à-vis de l'Islam et des féodalités gansgterisées de ce que la République a le toupet de dénommer « cités » ?

Que l'on prie de m'en excuser, je visais moins les personnes que les idéologies et les manipulations mentales qui font qu'aujourd'hui l'islamisme politique se conjugue au nihilisme post-moderne (Canal-plus et consorts) et à la criminalisation considérée comme CULTURE, c'est à dire aux crimes contre l'Humanité commis chaque jour que Satan fait, sous le nom poétique de « tournantes » qui ne sont ni plus ni moins que des « centres de viols » de guerre civile, analogues à ceux que les exterminationnistes serbo-communistes mirent en place en Bosnie-Herzégovine: C'est cela moi, que j'appelle « nazisme ».

Et ceux qui en font l'APOLOGIE, comme les groupes de rap « Sniper », ou « Overdose », sont aujourd'hui considérés par les Tribunaux commes des modèles d'engagement social.

Mais tout va bien bonnes gens, tout va bien dans le Grand Loft National où tout le monde se parle à condition ne n'avoir rien à dire et d'être d'accord sur tout, ou sur rien, puisque cela revient au même.

Et si j'avais dites-moi, comme Houellebecq, envoyé une lettre aux Raëliens en leur disant — par exemple, que j'étais d'accord, partiellemment, sur certaines de leurs théories ufologiques, mais en désaccord sur le clonage humain ?

On m'aurait traité de cinglé, je suis habitué.

Mais là, j'ai vraisemblablement franchi la limite.

Je n'ai pourtant pas paradé en uniforme nazi dans les rues de Montréal.

Je n'ai pas crié Heil Hitler devant une synagogue, je n'ai pas profané de lieu de culte islamique. Ou un cimetière allié.

Je n'ai même pas tué quelqu'un, dans un acte de « terrorisme révolutionnaire » ou de « folie momentanée ».

Je n'ai appelé à aucun programme génocidaire à l'encontre des personnes de confession musulmane, ou d'aucune autre : par exemple, lorsqu'une manif d'antimondialistes antisionistes défile devant moi, en criant « Mort aux Juifs », je ne crie pas, moi, en retour : « Mort aux Arabes ! ».

Mais je suis, selon le mutant acéphale du Couac, à Montréal, un dangereux « Arabophobe » !

Et l'on essaie de faire pression sur mon éditeur pour qu'il rompe le contrat qui nous lie.

Alors, voilà, en cette nuit très froide ici, tout va-t-il se jouer, mais déjà tout se confirme.

Défendre la littérature c'est évidemment défendre la liberté de penser, et réciproquement, vous entendrez cette antienne à saciété, sur toutes les chaînes de télévision, dans toutes les émissions culturelles.

Mais il faut bien s'entendre sur le sens des mots « liberté de penser ».

Dans ce cas particulier il faut bien sûr les comprendre comme : « liberté de penser comme nous ».

Toutes les déviances sont acceptées dans la société révolutionnaire-jacobine.

Sauf celle de n'être pas un révolutionnaire-jacobin.

Aux guillotines de papier de « trancher », maintenant.

Bien à vous,
merci à tous

MgD

« NE PAS SUBIR »
Général de Lattre

 

« Dantec contre attaque ! Réponse à la lettre de Luc Baranger parue dans le Courrier des lecteurs de Voir, 8-14 janvier 2004 »

Montréal, le 10 janvier 2004

Cher Monsieur,

 

Vous avez donné à lire, dans le dernier numéro de Voir, en m’accusant d’insignifiance, et en concluant sur une amnésie collective que vous pointez fort opportunément chez les autres, alors que vous en êtes bien sûr le plus parfait représentant, une très jolie démonstration de la « pensée » politique contemporaine. Cette « pensée » condamne à l’opprobre tous ceux qui ne se reconnaissent pas, c’est un fait, dans « l’iconoclaste muselé » (par les men-in black du très-vilain Georges W. Bush sans doute), qui faisait précisément la couverture de l’hebdomadaire, entre deux Festivals du Film, avec sa tête de gros babyboomer inculte nourri au corn-flake pop, et jouant au terroriste de carton-pâte.

Je passerais rapidement sur votre argumentation politico-aéronautique qui semble vouloir faire concurrence à celle de Therry Meyssan. Tout le monde sait qu’aucun avion ne s’est abattu sur le Pentagone, et pas plus dans les tours du WTC, il s’agissait d’une hallucination collective créé par la Secte Bush et leur amis aliens dans le but de faire croire à une attaque terroriste alors qu’il ne s’agissait que d’un acte d’amouhour et de toléhérance de cette religion dont aucune sourate, non vraiment aucune n’appelle nommément à la destruction totale des Juifs et des Chrétiens.

Ensuite, le « corps » de votre texte ressemble à une dissertation telle que sans doute vos profs d’histoire marxistes post-modernes vous ont appris à les rédiger : Lorsque vous dîtes par exemple, et sans rire, que « Bush contrôle les médias », je me permets de vous conseiller de compléter au plus vite votre abonnement à Fox-News avec l’ensemble des chaînes canadiennes, TéléQuébec en premier lieu, et je ne parle pas de la presse française, voire nord-américaine. Pouvez-vous me citer un seul journal du Québec qui n’a pas enfilé les patins du duo de comiques troupiers Chirak-de Vileputain ?

Ensuite vous faîtes semblant d’ignorer que Kofi Anann et l’organisation criminelle nommée ONU sont déclarés par moi ennemis patentés de l’humanité ? Que venez-vous me foutre ce sinistre pain d’andouille, responsable du génocide rwandais, dans les pattes ?

Vous osez ensuite me demander ce que les Arabes m’ont fait « pour que je veuille les enfermer tous dans un même sac » ? Cher monsieur, les Arabes ne m’ont rien fait, personnellement, à moi, je et myself. En 1940, mon paternel n’a pas attendu que les Allemands débarquent dans la maison familiale pour entrer en résistance. Je vous informe au passage que les attentats régulièrement commis depuis environ 25 ans contre des civils occidentaux, en discothèque ou en avion, ne sont pas l’œuvre d’un groupe norvégien d’adorateurs d’Odin.

Mais là où, franchement, vous franchissez les orbites atteintes par vos maîtres à penser (ces « anarchistes » de salon que conspuaient déjà Guy Debord et les Situationnistes il y a 40 ans !) c’est quand vous affirmez que je me contredis gravement au sujet de Saddam Hussein. Et d y aller de votre refrain, habituel pour qui lit les éditoriaux de la presse québécoise, ou la prose des « artistes » intermittents, subventionnés, et lobotomisés : Saddam Hussein était à la botte des méchants fascistes Américains.

Cher monsieur, si vous saviez lire les événements, ou ne serait-ce que quelques photos désormais célèbres, vous auriez compris depuis longtemps que Saddam Hussein n’était à la botte de personne, mais que par contre et Mitterand, et Chirak, et l’ensemble des oligarques du pouvoir politico-économique français étaient, eux, à ses bottes, en train de les cirer, avec leur langue.

Quant aux armes de destruction massive, il est évident que les Kurdes, en 1988, ont souffert d’un excès de poivre de cayenne, un peu comme les nanarchistes à Québec en 2001, et tout poussait à croire que jah-mais, vraiment jamais, l’idole des terroristes palestiniens ne remettrait ça, pensez donc.

Il y avait au moins UNE arme de destruction massive à extraire d’Irak, cher monsieur, et elle s’appelait Saddam Hussein. Aux dernières nouvelles, les Américains lui ont pris sa température rectale. On dit que l’ex-tyran se porte bien.

Maurice G. Dantec

 

« Virgules : droit de réponse de Dantec à La Presse »

Montréal, le 25 septembre 2003

Mesdames, messieurs,

Ne lisant pas votre journal, c'est par une amie que j'ai pu prendre connaissance, sans la moindre surprise, mais avec une curiosité non feinte, de l'article que votre collaboratrice, comme l'on dit je crois dans le monde du journalisme, a cru bon de me consacrer à la page f-6 de l'un de vos plus récents numéros.

Tout d'abord, en préambule, permettez-moi de rectifier le tir que votre rédactrice a très adroitement dévié : je ne me suis pas présenté, lors de cette conférence de M. Alexandre Adler, comme un « guerrier chrétien et sioniste » ; chère madame, ou mademoiselle, il va falloir apprendre à dompter vos ardeurs et à bien entendre la syntaxe de votre langue, la mienne aussi au demeurant, car j'ai dit, puisque je l'avais préparé à l'avance : que j'étais un écrivain-combattant (virgule) chrétien (virgule) sioniste ; je sais que les mots, dans la profession du journalisme, n'ont aucune importance puisqu'on peut leur faire dire n'importe quoi, mais je crois me souvenir que c'est Walter Benjamin — ou peut-être Karl Kraus — qui a dit, lui, je cite de mémoire, que de l'emplacement d'une virgule dépend l'existence du monde.

Ainsi Michaël Moore, Ignacio Ramonet, ou je ne sais quel pacifiste « antisioniste », sont-ils des écrivains combattants, et surtout engagés. Je ne peux être quant à moi qu'un « guerrier », pour ne pas dire bientôt un « terroriste », on me connaît d'ailleurs pour mes détournements d'avions et mes prises d'otages sanglantes depuis mon arrivée au Canada.

C'est d'ailleurs la même méthode que votre collaboratrice (décidément, ce mot !) continue d'employer par la suite en appliquant la régle numéro un des écoles (post)modernes de journalisme : celle qui fut inventée par l'Agence Tass, durant les fameuses Années Trente.

Cette méthode : sélection-concaténation, dirons-nous, permet de faire dire à l'individu une séquence de phrases qu'il n'a jamais dites dans cet ordre, ni même souvent dans les termes relatés. Mais, surtout, ce « résumé » faussement synthétique, puisqu'il résulte d'un MONTAGE, au sens cinématographique et politique, ne prend tout son NON-SENS que si l'on omet soigneusement de RACONTER OBJECTIVEMENT dans quelles circonstances — à savoir un DIALOGUE, certes vif, entre M. Adler et moi-même — il a pu être prononcé.

Ainsi vous faîtes croire que je ferais partie d'une sorte d'organisation souterraine prête à bouffer de l'Arabe aux quatre coins de France. Or c'est très précisément l'inverse, et vous le savez, des propos qui furent tenus ce soir là : fort de mon expérience yougoslave, j'ai MIS EN GARDE mon pays d'origine, dont M. Adler est un représentant fort valable, contre les dangers de l'Islamisme, tout autant que contre les inévitables dérapages que cette menace allait engendrer par réaction, bref j'ai lancé un véritable signal d'alarme, prédisant en effet une situation à la Bosniaque en République Francaise dans moins de 20 ans, si rien n'est fait d'ici là, et rien ne semble pouvoir arrêter cette nouvelle marche du « progrès des peuples » vers un « avenir radieux ».

Il est clair que vous n'avez pas voulu entendre cette partie de mon intervention, à condition toutefois que vous ayez été en mesure de le faire.

Avec mes salutations les plus « incendiaires »,

Maurice G. Dantec

 

« Habeas Corpus »

Ici, 24-30 juillet 2003, p. 5.

Nul qualificatif ne pourra vraiment, je crois, illustrer un jour la puanteur intellectuelle de notre époque chiasseuse, dédiée à la racaille et à sa prose merdique, ses expectorations stériles, sa diarrhée verbale d'analphabète compulsif.

Ainsi, l'affaire Zahra Kazemi, cette journaliste irano-canadienne qui a eu le malheur de tomber dans l'escalier d'un entresol pénitentiaire persan sous la sévère, mais juste, semelle du procureur-mollah local, dans ce pays où les prisons pour détenus politiques pullulent au point d'y concurrencer les mosquées, les centrales nucléaires de technologie pakistanaise, russe ou nord-coréenne et les bases d'entraînement pour les kamikazes du Hezbollah, oui, cette affaire nous permet de mesurer le volume du crottin idéologique qui, au Québec comme en France, empeste les esprits de cette odeur de cabinet de toilettes qui caractérise depuis 1968 la bonne conscience de gôche, et ses millions de cadavres.

Samedi dernier eut lieu une manifestation au centre-ville, à l'appel de la famille de la victime et d'une poignée d'associations. J'y suis allé faire un tour, discrètement. J'ai bien observé.

Je n'y ai vu aucune organisation anti-mondialiste farouchement opposée à l'oppression israélienne dans les « territoires occupés » ou à la destruction de la couche d'ozone par le vilain capital international, il y en avait pourtant des centaines dans la rue lors de la guerre en Irak et sans plus de rapport avec le sujet, je n'y ai point croisé d'artiste vachement engagé tu-vois-sur-les-sujets-de-société, et qui fait une apoplexie humanitaire dès qu'un kamikaze du Hamas se fait sauter dans un autobus bourré de sales poupins-à-la-solde-de-la-Méchante-Amérique, je n'ai noté la présence d'aucun touriste-pacifiste de l'UQAM, spécialiste du sud du Chiapas ou des casinos islamistes de la bande de Gaza, et on n'y rencontrait pas le moindre « étudiant » de l'Université islamique de Concordia, ni aucun des médias chargés de notre culpabilité de salauds d'Occidentaux, comme ce présentateur de Télé-Québec à la magnifique chevelure poivre et sel et à la dialectique de petit stalinien cool, dont je tairai le nom par respect pour sa parenté, ou ses amis, s'il lui en reste. Non, rien qu'une trentaine de personnes, d'origine iranienne pour la plupart, et souvent proches de la famille de la journaliste assassinée par les fascistes en turban.

Ils sont là, au milieu de la foule bruyante des touristes et des Montréalais qui ont bien d'autres chats à fouetter, en ce samedi estival, que de s'occuper de musulmans indo-européens qui n'ont même pas l'idée glamour d'aller se faire exploser dans une discothèque de Tel-Aviv, une synagogue marocaine ou un parc d'Outremont.

On notera – je parle ici plus spécifiquement à ceux que le sort de la France intéresse encore, quelle que soit leur origine – que la République universelle des droits de l'Homme ne s'est pas fendue d'une seule allusion sérieuse à cet « incident » quasi diplomatique, comme a cru bon de le qualifier un grand quotidien parisien lors de l'unique mention par la presse franchouille de l'assassinat perpétré par la police politique des mollahs. Je n'ose imaginer les manifestations de rues « spontanées » ni les youyous de pleureuses qui se seraient élevés de toutes nos capitales occidentales, si Zahra Kazemi avait eu la chance d'être née en « Palestine », plutôt que dans ce pays multimillénaire qui n'intéresse guère les petites crevures spécialistes de la contestation-de-masse.

Dans le numéro d'Alternatives de juillet-août, le journal-pour-un-monde-heu-ouâââchement-différent-tu-vois, pas le plus petit mot sur l'affaire, pas une seule ligne sur les émeutes de jeunes démocrates ou monarchistes iraniens qui, chaque jour, et je dis bien CHAQUE JOUR, défient la police et les milices des mollahs.

J'espère qu'à la date où ce pouvoir de merde tombera, la jeunesse iranienne se souviendra de vous.

Maurice G. Dantec

​Écrivain en exil, réactionnaire schizophrène, agent de la CIA.

 

« Raël et les talibans »

Ici, 3-9 octobre 2002, p. 5.

Il sera bientôt, en ce « beau pays du Québec », sinon interdit, du moins impossible, de se considérer comme chrétien ou, pire, CATHOLIQUE. Dans un « party », il vaut encore mieux se faire passer pour un émule d'Adolf Hitler, ou de Pol Pot, que d'oser affirmer que vous croyez en Dieu et que vous lisez la Bible.

Les Américains ont tort de considérer les criminels de masse hitléro-talibans comme le plus grand danger pour la civilisation occidentale. Quand Ben Laden sera ratatiné comme une vieille figue dans sa grotte, [...] le plus dur restera à accomplir : convaincre les multiples (dé)générations postmodernes d'arrêter de se shooter à la scientologie, ou de se remplir l'estomac d'étrons raëliens. [...]

Ayant depuis longtemps misé sur la mort programmée des démocraties, un nazillon new age comme Raël a parfaitement synthétisé toutes les raclures de bidet intellectuelles dont l'université baba cool s'est faite le vecteur viral depuis 40 ans. Il a compris que ce qui comptait, c'était d'être ALTERNATIF, en combinant pouvoir économique, et pouvoir (contre-)culturel. [...]

Le Québec, pays schizophrène s'il en est, est devenu en moins d'un demi-siècle une créature parfaitement imprévisible [...] : un ancien pays catholique devenu plus antichrétien que la France et la Californie réunies, plus calviniste que la Suisse et le Massachusetts combinés, un pays où il est « cool » de brûler des croix du Christ dans les cégeps, avec l'appui des commissions scolaires, la bénédiction de la presse « djeune », le silence des politicard corrompus, la complicité – sans doute – de la plupart des universitaires « libre-penseurs ». Il était déjà bien vu, depuis un certain temps, de s'en prendre aux « Juifs » dans ce pays, afin de sucer le membre bien raide des terroristes islamiques et de leurs divers clones ; [...]

Décidément, le 11 septembre ne vous aura vraiment rien appris. Vous n'avez pas encore pris conscience que la IVe Guerre mondiale avait déjà commencé ? Ah, non, vous étiez au Sona, ou au dernier concert de Zebda ? N'ayez crainte, l'Histoire va savoir se rappeler à votre bon souvenir. Je ferai partie de ceux qui expliqueront aux juges du prochain Nuremberg quelle fut l'attitude de ce « pays », quand la civilisation chrétienne fut menacé de toutes parts, et en particulier de l'intérieur. [...]

Les Raëliens doivent être prévenus de ma possible présence sur les lieux où ils produiront leur grand guignol ku-klux-klanesque. Je leur conseille d'avertir la police, on ne sait jamais.

Maurice G. Dantec,

terroriste intégriste chrétien

 

« Lettre ouverte aux talibans et aux étrons du post-modernisme »

Le 30 septembre 2002

Il sera bientôt, en ce « beau pays du Québec », sinon interdit — du moins impossible — de se considérer comme chrétien, ou pire encore CATHOLIQUE, sans subir dans la minute une agression caractérisée ou une autre. Dans une « party », il vaut encore mieux se faire passer pour un émule d'Adolf Hitler, ou de Pol-Pot, que d'oser affirmer que vous croyez en Dieu et que vous lisez la Bible. Les Américains ont tort de considérer les criminels de masse hitlero-talibans comme le plus grand danger pour la civilisation occidentale. Quand Ben Laden sera ratatiné comme un vieille figue dans sa grotte, lorsque les musulmans du monde entier auront d'eux-mêmes réglé le problème, comme les Afghans libres l'ont fait, le plus dur restera à accomplir : convaincre les multiples (dé)générations post-modernes qui baffrent sur les nappes de cuisine de mai-68 d'arrêter de se shooter à la Scientologie, ou de se remplir l'estomac d'étrons Raëliens. Il faudra leur rappeler le mot de Raymond Abellio concernant le christianisme du futur : il sera bien celui des cryptes, et des martyrs de la foi, comme sous Héliogabale, Dèce ou Caligula.

Nos empereurs post-modernes ont cet incontestable avantage sur leurs prédécesseurs qu'ils n'ont pas le POUVOIR POLITIQUE. Ayant depuis longtemps misé sur la mort programmée des démocraties, un nazillon new-age comme Raël a parfaitement synthétisé toutes les râclures de bidet intellectuelles dont l'université baba-cool s'est faite le vecteur viral depuis 40 ans. Il a compris que ce qui comptait c'était d'être ALTERNATIF, en combinant pouvoir économique, et pouvoir (contre)-culturel.

Comme leurs copains nanarchistes, on peut s'attendre à ce qu'un Cahier « Alternative Raëlienne » soit bientôt encarté dans un journal gratuit, ou un autre. La « culture » philosophique québecoise, qui chaque jour m'émerveille, trouvera là un nouvel apogée, soyons en sûrs. Le Québec, pays schizophrène s'il en est, est devenu en moins d'un demi-siècle une créature parfaitement imprévisible par les plus experts des historiens et des sociologues : un ancien pays catholique devenu plus anti-chrétien que la France et la Californie réunies, plus calviniste que la Suisse et le Massachussets combinés, un pays où il est « cool » de brûler des croix du Christ dans les Cégep, avec l'appui des commissions scolaires, la bénédiction de la presse « Djeune », le silence des politicards corrompus, la complicité — sans doute — de la plupart des universitaires « libres-penseurs ». Il était déjà bien vu, depuis un certain temps, de s'en prendre aux « juifs » dans ce pays, afin de sucer le membre bien raide des terroristes islamiques et de leurs divers clones ; Il y a peu à l'Université de Concordia j'ai vu un vieil hassidim se faire agresser par quelques barbus locaux et deux ou trois nazis rouges porteurs-de-keffieh, je n'ai pu intervenir, à mon grand dam, mais il est possible que dans le cas contraire, je serais d'ores et déjà en prison, ou sur la route de l'expulsion, pour TENTATIVE (j'espère réussie) d'HOMICIDE.

Décidemment, Québequistanais, le 11 septembre ne vous aura vraiment rien appris. Vous n'avez pas encore pris conscience que la IVe guerre mondiale avait déjà commencé ? Ah, non, vous étiez au Sona, ou au dernier concert de Zebda ? N'ayez crainte, l'Histoire va savoir se rappeler à votre bon souvenir. Je ferais partie de ceux qui expliqueront aux juges du prochain Nuremberg qu'elle fut l'attitude de ce « pays », quand la civilisation chrétienne fut menacée de toutes parts, et en particulier de l'intérieur, par les terribles maladies auto-immunes que les idées des « Lumières » auront légué à l'univers. À ceux qui se demandent pourquoi je ne retourne pas en France, je ferais remarquer que j'y ai tenu le même langage que je leur tiens ici, et que cela doit être envisagé sous cet angle : je suis ici-bas pour tenir la liste des crimes commis au nom de la Culture et de l'Intelligence. Depuis la participation des féministes et des Raëliens du Québec à cette internationale compétition, cette liste est innombrable. Soyez en remerciés, du fond du coeur d'un homme qui croît au Jugement Dernier. Les Raëliens doivent être prévenus de ma possible présence sur les lieux où ils produiront leur grand guignol ku-klux-klanesque. Je leur conseille d'avertir la Police, on ne sait jamais.

Maurice G. Dantec

 
 

« Lettre "personnelle" au journal Voir »

14 août 2002

Cher journal Voir,

Vous avez bien voulu me faire l'honneur de me demander mon point de vue au sujet des problèmes qu'engendrent d'une part l'existence et la prolifération des drogues, dont le cannabis, et d'autre part la terrible et morbide schizophrénie LÉGALISTE qui soit « prohibe », soit « légalise », sans jamais oser s'engager — évidemment — sur la voie étroite d'une véritable attitude critique, je veux dire : scientifique.

Dans un volume de mon Journal datant de 1999-2000, j'avais en quelques lignes essayé de ramasser ma pensée à ce sujet. Je ne vous ferai pas l'affront de vous infliger ici ma propre prose, d'ailleurs qu'aurais-je à ajouter ?

Si vous me le permettez, j'aimerais jouer le rôle vraiment dévolu à un écrivain : celui de se taire, non pas pour faire « vibrer le silence », mais pour redonner une VOIX aux MORTS. Plutôt donc que de vous livrer mon point de vue PERSONNEL, je vais faire entendre une voix dont on a si bien travesti la pensée qu'on sera parvenu, en l'espace d'un demi-siècle, à lui faire dire TOUT LE CONTRAIRE DE CE QU'ELLE AVAIT À DIRE.

Je parle ici d'un homme nommé Wilhelm Reich.

Les imbéciles nourris par les majorettes du féminisme postmoderne pensent sans doute que c'est « grâce à Reich et à ses théories orgonomiques » si nous vivons aujourd'hui une telle ère de « libération sexuelle générale ».

L'occasion qui m'est donnée ici est trop belle, car le problème de la sexualité « libre » est absolument connexe à celui de la « libre » consommation des psychotropes.


Il s'agit bien, encore une fois, du piège dualiste dans lequel s'enferme d'elle-même cette société du capital de troisième type où tous les hommes sont « égaux ET libres » (autant dire des cercles carrés) et où, plus que toute autre chose, c'est la liberté du commerce qui s'établit ainsi sur les « progrès des droits humains ».

Voici donc ce que pensait à ce sujet un monsieur comme W. Reich, vers 1950, et qu'on n'aura pas le mauvais goût, j'espère, d'affubler du sobriquet de Willy-le-nazi :

« Les sexologues de la seconde moitié du XXe siècle traiteront de la sexualité pervertie de l'homme comme si elle était une donnée naturelle. Les psychologues parleront de l'homosexualité comme d'un "troisième sexe". Ils ne s'intéresseront qu'au phallus, aux capotes anglaises, aux techniques amoureuses des Hindous. Ils prodigueront aux ignorants et aux impuissants des conseils sur la manière d'"accomplir" (ce terme est à retenir) avec "succès" (terme également à retenir) l'acte sexuel. Ils enseigneront les "techniques de l'amour" (terme à retenir !), la manière de jouer avec les organes génitaux du partenaire, de s'exciter réciproquement, ils diront ce qu'il faut faire et ne pas faire, quelles positions adopter pendant l'étreinte sexuelle... Les politiciens n'hésiteront pas à s'emparer de l'occasion pour promettre aux "masses" la "liberté de l'amour"...

Ainsi la doctrine de la Vie jaillissante aboutira au naufrage de l'humanité tout entière et de toutes ses institutions si elle est prise en charge par l'homme atteint de la PESTE ÉMOTIONNELLE. Le danger principal est la mise en place d'une philosophie pernicieuse dérivée de la "puissance orgastique" qui préconiserait la licence sexuelle en tout lieu et en tout temps. Semblable à la flèche quittant le ressort tendu qui la retenait, la recherche effrénée du plaisir génital rapide, commode, et nuisible, fera des ravages dans toute la communauté humaine...

Ainsi se manifesteront les partisans de la débauche qui réclameront la "liberté de l'Amour" et le droit de vivre en conformité avec les "principes de l'orgonomie"...

Si l'on s'en réfère aux déformations du passé, les médecins et les philosophes lanceront une nouvelle vertu, l'idéal parfait de la "LIBERTÉ d'ÉMOTION" qui pèsera comme jamais sur les relations humaines...

Les vendus de la politique, les bavards de la libération des peuples, les libérateurs « mystiques » ne portent pas seuls la responsabilité de la misère humaine. On ne peut leur reprocher de colporter la "liberté", le "pain", la "démocratie", la "paix", la "volonté populaire" et tous les autres slogans de leur répertoire.

On peut par contre leur reprocher de persécuter TOUS CEUX qui se donnent la peine de DÉFINIR la liberté, de mettre le doigt sur les OBSTACLES se dressant sur le chemin de l'auto-gouvernement et de la paix... »

W. Reich, Le Meurtre du Christ, 1953.

Voilà, je ne saurais mieux dire, et si vous me permettez quelques lignes de conclusion, toutes « personnelles » :

– Dépénaliser les drogues, sans mettre en place en parallèle un véritable système d'éducation ad hoc, revient à « libéraliser » la sexualité, sans qu'un authentique ars erotica ait vu le jour.

– Dans les deux cas, contrainte « morale » ou « libération » des moeurs, le même nihilisme d'épicier, la même figure, hideuse, des dialectiques morbides de nos démocraties finissantes.

En vous remerciant de votre attention,

Amicalement,


MGD

 

« Irish Coffee Message »

Avril 2002

Cher Michel Houellebecq,

Je viens de lire dans la presse votre réaction, ainsi que celles d'un certain nombre d'écrivains ayant comme vous appelé à voter Chevènement pour le 1er tout des présidentielles, et désormais dans l'obligation de rejoindre ce « Front Républicain » qui, pardonnez-moi, sent l'improvisation, et la mort.

À l'exception de votre analyse, et de celle de Dutourd, rien ne m'a plus stupéfait que cette bonne conscience de gauche qui s'avoue « paralysée » par un résultat qui ne peut étonne que personne qui n'a jamais dépassé les limites du boulevard périphérique.

Voir Patrick Besson aux prises avec le suicide historique du PC est pour moi, vous le devinez, un pur moment de bonheur. Lire Danielle Sallenave appeler à voter Chirac est une sorte d'épiphanie. Quant à Dominique Noguez, dont j'apprécie par ailleurs la prose et la probité, le voici confronté à la quadrature du cercle républicaine, celle qui lui fait halluciner Fabius en candidat de rassemblement.

Plus que jamais me voici hors-jeu. Royaliste, chrétien, Nietzschéen et eurofédéraliste, je n'ai voté pour Chevènement, vous le savez, que parce qu'il était le seul à tenir un langage cohérent, en particulier sur l'autorité de l'État. Car le seul État en mesure de lutter efficacement contre les réseaux corpo-mafieux transnationaux, celui d'une démocratie fédérale européenne, ne verra jamais le jour, et la désagrégation française et sa subséquente crise de régime provoqueront une onde de choc dévastatrice sur tout le continent. La France forme avec l'Allemagne, vous le savez fort bien, le coeur historique et philosophique de l'Europe. Quand un de ces deux pays s'enrhume ce sont 400 millions d'Européens qui toussent, et la désintégration yougoslave couplée à notre inaction m'avait à l'époque fait pressentir une catastrophe.

Rien de ce qui arrive à cette nation n'est plus en mesure de me toucher, sinon la peur que j'éprouve pour mes proches et mes amis qui sont restés là-bas.

Mais cette insensibilité est je crois le signe d'une tragédie intérieure que je peine encore à circonscrire. Mon exil au Québec se solde par un semi-échec que j'essaierais d'analyser dans un futur ouvrage.

Étrangement, hier soir, alors que la Lune était pleine et que je relisais les Psaumes, je me suis dit que la seule issue pour moi était désormais le baptême chrétien en Palestine.

Sur ce, cher Michel, je ne vous dérange pas plus longtemps et je vous souhaite un bel été irlandais.

Avec mes amitiés –

MgD

« La Pravda cool »

Ici, 21-27 février 2002, p. 5.

Cette lettre fait suite au Carnet de Robert Lévesque et à l'article sur le barebacking publiés la semaine dernière.

Cela faisait longtemps que votre journal n'avait point atteint de tels sommets dans la glorification du nihilisme et du révisionnisme actif. Non contents de vanter une pratique délicieusement dénommée barebacking par une bande de petits psychopathes branchouilles qui forment la pointe avancée de la Mort en tant que principe d'involution thalamique générale, [vous laissez] un de vos chroniqueurs, au demeurant fort talentueux quand il se contente d'éreinter ses confrères théâtreux, [se permettre] une comparaison que ne renieraient ni les propagandistes du Hezbollah, d'Al-Qaeda ou du ministère irakien de l'information, ni l'ancienne Pravda, dont vous êtes en quelque sorte la version postmoderne-cool-pop-et-branchée-en-diable.

Comparer le drapeau américain rescapé des tours du World Trade Center à la svastika du drapeau nazi de Berlin 1936, bravo ! – seul un pauvre rogaton de ce qui fait office de « pensée » politique dans ce qui vous tient lieu de pays pouvait sans doute se le permettre. Je n'ai pas le souvenir, cher monsieur, que l'Allemagne ait subi une attaque terroriste de grande envergure un trimestre avant l'ouverture de ses Jeux. D'autre part, il apparaît bien que vous êtes la pointe avancée de tous les nihilistes universitaires à la mode, proarabisme, antisémitisme de gauche (le fameux « antisionisme ») et antiaméricanisme en tête, bref, monsieur Lévesque, vous dont le goût semble si sûr en matière de théâtre, vous n'ignorez donc pas que les paroles s'envolent mais que les écrits restent. Nous ressortirons vos déjections révisionnistes le jour venu. [...]

Maurice G. Dantec, écrivain

 

« AMENDEMENT MARIANI : VisionFromARealCop »

La Spirale, 17 juin 2001?

La réaction par courrier électronique de Maurice Dantec à notre diffusion de la pétition contre l’amendement Mariani initiée par le site Kanyar.

Pour rappel (extrait du texte d'introduction de la pétition) :

Le 16 Avril 2001 le député Mariani présentait à l'Assemblée Nationale un amendement visant à légaliser la saisie du matériel de sonorisation lors des free parties même en terrain privé (article 22 du Projet de Loi Sécurité au Quotidien) : « En cas d'une manifestation non autorisée de grande envergure sur un territoire privé ou public pouvant représenter un danger pour la tranquillité des riverains, l'agent de police judiciaire peut ordonner la saisie du matériel de sonorisation. »

L'amendement a été adopté par l'Assemblée Nationale dans le cadre de la loi dite « Sécurité au quotidien » et avec l'aval du ministre socialiste. Le but affiché est d'éradiquer les free parties et les teknivals sur le territoire français. Le texte doit encore passer devant le Sénat avant le 22 mai qui sans nul doute va le ratifier, s'il n'en rajoute pas une tonne...

Vous êtes invités à signer la pétition contre l’amendement Mariani sur le site Kanyar.

Chers amis de la Spirale, cher Laurent Courau,

Bien reçu votre pétition, elle est en marche au Québec à l'intérieur de mon petit réseau. Ça fera un appui « international », et de langue française.

D'autre part, faisant part de cette nouvelle trouvaille de sieur Mariani et de notre députasserie nationale à un ami Officier de PJ, celui-ci m'a renvoyé un courrier, montrant à quel point, même si elle passe, CETTE LOI SERA, comme la plupart des lois de notre belle république, COMPLÈTEMENT INAPPLICABLE, sans compter qu'elle frôle l'illégitimité la plus totale (restons dans l'euphémisme) envers la constitution française, et certaines de ses dispositions légales les plus récentes concernant les rôles, les fonctions, et les statuts à l'intérieur de la machine policière.

Bref, comme on dit : au pays des Soviets, Ubu est roi.

Je vous transmets cette lettre pour info, mon correspondant flic est anonyme et entend le rester, vous comprendrez aisément pourquoi, mais rien ne vous empêche de faire suivre le message, comme bon vous semble.

MgDantec

 

TUEZ LES TOUS
LaLittératureReconnaîtraLesSiens

(lettre recue hier, le 15 mai) :

Salut Maurice

J'avais entendu parler de cet amendement et de cette proposition de Loi.

Plusieurs remarques :

– D'un point de vue juridique, d'abord : cette proposition va devoir être quelque peu remaniée si ses créateurs veulent qu'elle soit retenue devant les tribunaux. En effet, tu remarqueras qu'elle stipule que le matériel pourra être saisi par les « agents de police judiciaire » (...). Aïe, aïe, aïe.... En consultant le code de procédure pénale, ne serait-ce qu'un tout petit peu, ces redresseurs de torts se seraient sans nul doute aperçus que seul un officier de police judiciaire est habilité à procéder aux saisies de matériel et d'objet dans le cadre d'une enquête de flagrant délit.... De plus, cet amendement est inutile car il est juridiquement possible de « réprimer » ce genre de rassemblements en appliquant le droit déjà existant, à savoir, les règles s'appliquant en cas de manifestation non déclarée et illégale c'est-à-dire un attroupement...

Il ne s'agit là que de gesticulations politiques sans aucun intérêt juridique à mon sens.

– D'un point de vue pratique : Cela ne change rien au problème. Imagine un rassemblement de plusieurs milliers de personnes et l'arrivée des flics pour procéder à la saisie du matériel. On fait comment ? On interpelle tout le monde ? On raffle ? On tabasse ? Réponse : on fait pas.... On laisse la fête se terminer et on fait de la surveillance de proximité pour éviter les débordements et les gros pépins...

En bref, ce genre de texte me fait rigoler et me conforte dans mes opinions quant à la classe politique en place... No comment...

J'attends toutes les questions que tu pourrais te poser et me ferai un plaisir d'y répondre, si c'est dans mes cordes.

The Bad Lieutenant.

 

« Courrier »

Yellow Submarine, n° 119, mai 1996, p. 54-57.

Maurice G. Dantec (planète Terre)

Vous n'allez pas le croire, mais je viens de lire pour la toute première fois votre fanzine, et je vous adresse au passage tous mes compliments pour sa tenue générale, ainsi que pour l'acuité de vos critiques.

D'après ce que m'ont dit certaines personnes que j'ai croisées ici ou là, lors de festivals littéraires, Salons du Livre, ou autres manifestations dont notre beau pays se repaît périodiquement pour se prouver sa bonne santé culturelle, bref, le bruit m'est venu à l'oreille que mon bouquin avait fait parler de lui dans les cercles de la SF française. Pour ne rien vous cacher, ça m'a fait le plus grand plaisir. Comme le fait remarquer un de vos collaborateurs, je ne faisais pas partie du « sérail », polar-à-la-française lorsque j'ai publié La Sirène rouge en 1993. D'autre part, je me suis nourri allègrement de romans noirs ET de romans de SF durant toute mon adolescence, j'ai continué plus tard, et je continue aujourd'hui, je vais sur ma trente-septième année, inutile de dire que mon cas est pathologiquement désespéré.

En parcourant les documents que m'a obligeamment fait parvenir Joseph Altairac, j'ai pu constater que mon bouquin avait été décortiqué à plusieurs reprises dans d'autres supports spécialisés, et avec talent, mais l'étonnement que j'avais déjà pu décoder auparavant dans les milieux et la presse « polar » semble s'être manifesté aussi dans les cercles de la SF. Ai-je écrit un roman de SF, un « roman noir prospectiviste », un « neuropolar », un roman « cyberpunk métaphysique », un « thriller anthropologique », un roman policier « suralimenté à la théorie du chaos »... un quoi au juste ?

Je vais tout vous dire : je ne sais pas ce que j'ai fait.

Et je crois que ça n'a aucune importance. Le lecteur s'en fout. Les classifications sont des inventions des maisons d'éditions et des journalistes. Une invention fort pratique au demeurant, et que je ne remets nullement en question, sauf si cela conduit à créer des « ghettos » littéraires cloisonnés, ce qui me semble être le comble dans ce pays où la dictature du « roman autobiographique à la française » a rejeté les deux formes majeures de la littérature contemporaine (la SF ET le roman noir) dans les oubliettes de la non-pensée médiatique.

Je m'explique : IL EST TEMPS DE BALANCER UN GROS COUP DE POMPE DANS LA FOURMILIÈRE POUR NE PAS DIRE DANS LES COUILLES DE CE SYSTÈME DE MERDE.

Comment se fait-il que pas une fois, pas une, et ce depuis trois ans que je sillonne les routes de France et de Navarre (pour ne pas citer le Québec, ou la Suisse) je n'ai assisté à quelque chose évoquant une tentative de rapprochement, de connexion, d'échanges, que sais-je, Dieu Tout-Puissant, entre les deux genres majeurs du XXème siècle ?

Il n'y a qu'aux États-Unis je crois où de telles entreprises ont vu le jour, et encore, c'est très loin d'être ça, d'après ce que je sais.

Mais il faut bien reconnaître néanmoins que la notion de « frontières littéraires » est un concept qui reste plus étranger aux Ricains qu'à nous ici, au pays des cases et des fichiers. Il me vient rapidement quelques noms à l'esprit ; Donald Westlake, Robert Sheckley, Fredric Brown, Leigh Brackett, qui ont activement collaboré aux deux genres, voire Dick lui-même, et que dire de J. G. Ballard, John Brunner ou Norman Spinrad, de Bruce Sterling ou de William Gibson ? Comment ça ? Jack Baron et l'éternité est-il autre chose qu'un formidable roman noir où le bien et le mal s'affrontent dans l'univers des années 90 ? Écrit avec 25 ans d'avance, donc avec juste l'ambition supplémentaire de transposer ça dans un futur plausible. Au regard de ce que nous voyons chaque jour sur le petit écran (trafics d'organes + guerre médiatique) y'a-t-il là autre chose qu'une tentative diablement réussie de « néo-journalisme » futurologiste ?

 

Sur l'onde de choc est-il autre chose que le prototype parfait du roman cyberpunk ? N'est-il pas le premier thriller éco-informatique ? Ballard avec Crash! ou IGH a-t-il fait autre chose que sonder les profondeurs de l'inconscient, collectif, ou individuel, dans des romans de fiction où la science et la technologie apparaissent enfin sous leur véritable visage : l'excroissance de nos pornographies internes ?

Ubik n'est-il pas le premier thriller métaphysique et « neuro-viral » de l'histoire de la littérature. Le Maître du Haut Château une uchronie noire et ironique, qu'aurait pratiquement pu écrire Chandler, s'il avait goûté à l'acide ? Et que dire de Substance mort, ou de Blade Runner ?

Quelqu'un se souvient-il de L'Ultime fléau, de Frederick Pohl, ou de L'Homme démoli d'Alfred Bester ? Où classer Richard Mathewson ? Et Dan Simmons ?

Mais à vous fans de SF, puis-je vous parler un instant de la formidable puissance visionnaire, terriblement lucide d'un James Ellroy, de la noirceur désespérée et parfois ironiquement moderniste de Robin Cook, ou de la simple humanité nomade d'un James Crumley, ou d'un Tony Hillerman ? Puis-je vous parler un instant d'Edward Bunker et de sa prison, ou d'Harry Crews et de sa Floride, qui semble tout droit sortie d'un délire hallucinogène, mais qui est bien réelle, de Jim Nisbet ou de Richard Wurlitzer, de Hunter S. Thompson, des grands allumés de la beat-generation, de William Burroughs ? Pouvons-nous aborder enfin le vrai problème au-delà des genres, sous-genres, micro-genres ? Je veux parler des écrivains qui ont sué sang et eau pour faire leur boulot... Pouvons-nous parler d'Anthony Burgess ou de Zamiatine, et pourquoi pas, de Faulkner, Conrad, de Dostoievsky, Céline ou de Kafka ? (Et je me limite sciemment au monde occidental du XXème siècle...) Nous devons partir à l'assaut du « mainstream », c'est-à-dire du « lecteur ».

Comme je vous le disais plus haut, il est grand temps de placer la dynamite dans les brèches et de se préparer à la grande bagarre.

Nous devons prendre conscience que le cloisonnement artificiel entre les deux « sub-littératures » du XXème siècle est une invention des nécrophages des Arts et Lettres, qui ne font qu'appliquer l'invariable règle politique numéro un que tout le monde connaît depuis l'âge de pierre, diviser pour régner.

Je crois pour ma part qu'à bien des égards l'impasse dans laquelle s'est retrouvée la SF française d'une part, son symétrique « polar » d'autre part, tient en cette absence d'ouverture entre les deux genres. Le succès des cyberpunks, qui n'est pas uniquement, comme le prétend un de vos collaborateurs, un genre ringard rempli de pseudo-concepts branchés, trouve selon moi son origine dans cette symbiose naturellement réussie entre deux rameaux littéraires profondément enracinés dans la culture US. Les récits de William Gibson, ou d'Effinger, sont des romans noirs « hard boiled dicks » transposés dans l'univers du XXIème siècle. Les nouvelles regroupées dans Burning Chrome sont selon moi de purs joyaux de récits noirs, parfois métaphysique, explicitement branchés sur l'énergie et la rue, et la domination totalitaire du pouvoir économique. C'est donc, aussi, du rock'n'roll.

Je suis persuadé que la science-fiction, qui explore le territoire des technologies et du futur de l'humanité, a besoin du roman noir, qui explore les dimensions souterraines.

Et réciproquement, bien entendu. L'histoire va continuer, avec son cortège de douleurs et de tragédies, tant individuelles que collectives. L'âge des futurs radieux est terminé, celui des millénarismes apocalyptiques vient de commencer, mais, croyez-moi, son avenir est encore plus limité. Je fais partie d'une génération qui est née après l'Apocalypse, disons pendant, c'est-à-dire après Auschwitz et Hiroshima, personne ne peut nous la faire, nous avons vu l'Homme poser le pied sur la Lune, ouais, et aussi déverser des tonnes de Napalm sur des villages dans la jungle, en même temps, en direct-live à la télé, nous avons vu Tchernobyl et Challenger, la Guerre du golfe et Tien-An-Men, le Rwanda et la Bosnie, Mitterand et Boris Eltsine, le Temple Solaire et Bernard Tapie, le Sida et l'Ebola. Déjà en 1977 nous clamions qu'il n'y avait plus de futur, comme dit Sylvie Denis, peut-être n'y avait-il déjà plus de présent, donc plus de passé, nous sommes donc revenus de tout, au sens nietzschéen, et Baudrillard ne me contredirait pas je crois, si je disais que c'est à cause de ça, grâce à ça, que nous n'avons peur de rien, et surtout pas de publier des romans de SF à la « Série Noire », pour ne citer que mon cas.

 

« Quelques mots de l'auteur »

Échanges littéraires, « La Feuille De Chou », avril 1996, p. 9.

Le roman noir n'a que faire de l'Art et de la Culture. Le roman noir est né après la mort de l'Art et de la culture, après l'énorme et absurde boucherie de 14-18. Il est né dans un pays qui convenait la littérature, ainsi que l'ensemble des autres modes d'expression artistique comme des machines démocratiques, et non comme des objets de musée ou de Prix littéraires. Il est né en Amérique, et désormais l'Amérique, c'est le Monde. Ou plus exactement, l'Amérique elle-même se dilue dans l'espace-monde, tout autant que l'espace-monde la désintègre de l'intérieur, comme les autres sociétés de la planète.

Le roman noir est sans aucun doute l'ultime espace narratif libre, c'est-à-dire pessimiste, c'est-à-dire, comme le dit Baudrillard, qui prend le monde comme une manifestation du Mal, dans lequel il est parfois possible d'apercevoir la lumière de la vérité, et non une manifestation du Bien, soumise à des fléaux dévastateurs qui lui seraient étrangers, famine, peste, guerres, corruption, pouvoir, sida aujourd'hui. Tout cela procède de l'humain, il en est la manifestation la plus entière. De la même façon que le roman n'est pas sorti indemne de la première guerre mondiale, puis de la deuxième, puis du Vietnam, il ne sortira pas indemne de celle-là, en tout cas pas en Europe. Il ne sortira pas indemne de Tchernobyl, ou du prochain, en Bulgarie ou ailleurs. Et il ne sortira pas indemne de l'« accident » génétique futur, bien entendu. Je vous remercie de votre attention.

Maurice Dantec

To be continued...

 
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